samedi 13 septembre 2008

Souffrance dans la cordilliere


On vient de revenir de notre ascension du mont Huyana Potosi 6088m et on est bien mal en point... Voila l'ojectif tel qu'il etait vu d'en bas.

Hier, on est donc partis sur les coups de 8h30 avec nos 2 guides et chris, un anglais de Yorke, qui voyage pendant 7 mois avec l'argent de son chomage. Un mec sympa mais qui a tendance a parler vite. Et meme si l'on a fait des progres en anglais, il a souvent eu des reponses ponctuees par un "yes" simple...

Donc on doit rejoindre un premier campement pour y manger et commencer l'ascension jusqu'au camp de base. 2 taxis nous emmenent a fond sur les pistes boliviennes : je ne donne pas cher de la bagnole dans 2 ans...

On arrive a 10h du mat' et la les guides nous servent un poulet avec petit legumes. A cette heure la on avait pas vraiment les crocs et puis j'etais deja un peu barbouille.

La ils nous filent le matos : combi, moufles, guetres, godasses de ski avec les crampons et piolet. Tout ca allourdit bien nos sac qui devaient bien avoisinner les 17kg.

Apres ce repas, premiere partie de la montee pour dormir a 5100m au campement. 3h de marche avec caillasses. Et la j'ai beaucoup souffert avec mon sac et j'ai reussi a etre bon dernier alors que Vincent tallonnait pas mal les 2 guides. Oui, parce que les 2 guides m'ont laisse comme une merde a l'arriere. Sur la photo, les autres sont deja loin devant...

Donc on arrive au camp : bicoque en bois, Wc non delimites sur le perimetre : attention ou on met les pieds. Surtout que c'etait assez nuageux a notre arrivee. Le dortoir est a l'etage avec des matelas poses cote a cote.








En fait je me suis senti mal assez vite et le poulet du matin a fait un retour express a cote des excrements des gens... Et puis je me suis piaute ; le diner etait prevu a 17h. Ah oui parce qu'on devait prendre le petit dej' a minuit et debuter la vraie partie de l'ascension a 1h. Je bois 2 verres de the et un peu de soupe et je me recouche. Ci contre une photo du refuge volontairement mal cadree par Vincent pour montrer ma contribution au lieu (en bas)...










La fine equipe pendant que je dormais a l'etage.

La nuit passe comme on peut en se couchant a 18h. Et on decolle avec le matos. On ne fait pas la meme erreur qu'hier : pas de sac et le reste dans les poches. Vincent et moi sommes encordes a 2 avec 1 des guides, chris est encorde avec l'autre guide.
Et c'est vincent qui a son tour est barbouille, et en cours de marche il decorera la neige immaculee de 2 regurgitations. Et puis n'etant vraiment pas bien, il a du rentrer avec le guide surtout qu'il restait beaucoup de distance a parcourir. Moi je me suis encorde avec chris.
Pas vraiment de photo a part des nuages menacant au loin, sinon il faisait trop sombre et encorde c'est difficile de s'arreter pour prendre des photos. Mais pour nous le temps etait froid sec sans trop de vent.

Faut dire qu'on en a vraiment chie ce matin la. 6h de marche dans le noir avec la lune et nos frontales comme eclairage. Et puis apres on s'est retrouve face a un mur de 25m a monter au piolet. Pourtant la fille de l'agence nous avait bien dit qu'on aurait pas de mur a monter au piolet... Rigueur toute bolivienne quoi.

Bon on a pas ete les seuls a en chier, un mec carrement abandonne son sac a dos au milieu de nulle part, et puis quelques uns ont ete abandonne en bord de piste pour etre raccompagnes plus tard.

Et puis les cotes se sont enchainees de maniere ininterrompues, les crevasses, on a meme eu droit a une petite avalanche. Et sur la partie finale on etait deja bien rinces et on devait en plus marcher sur des bandes de glace de la largeur d'un pied avec des sacrees chutes potentielles. J'ai toujours eu un doute sur le fait qu'un encordement a 3 puisse etre efficace ; surtout avec 2 novices comme chris et moi... Bref on est arrive en haut avec beaucoup de peine.

Le guide et chris reprenant leur souffle (chris surtout) ci dessous.
Nuages sur un des versants ; il parait que quand il fait beau on peut voir le lac titicaca au loin
Temps clement de l'autre


La cordilliere royale au loin
Oui j'ai achete un bonnet en alpaga ; et je n'ai pas eu froid aux oreilles grace a lui Le matos a l'abandon. En fait c'est le guide qui a voulu nous prendre en photo...


Pour le retour, le guide m'a fait passe devant et j'avoue que mes jambes vacillaient un peu. Avec le vide autour et la pente, je n'etais pas tres a l'aise et la fatigue n'arrangeait rien. Et puis quand on est repasse sur du terrain plus facile on a trace en 2h le retour.
Les pics de glace aceres entre lesquels ont devait se frayer un chemin.














Apres on a du se retaper la descente sur les caillasses du premier jour et de nouveau le tacos.

On devait partir ce soir pour Potosi et voir les mines mais nos petits organismes sont bien affaiblis ; aussi on va essayer de partir demain.
Le probleme se pose pour passer la frontiere vers l'argentine : avec les manifestations contre evo morales, certaines zones peuvent rester bloquees plusieurs jours. On avait emis l'hypothese d'aller direct a Iguazu puis ensuite a buenos aires mais il n'y a pas de billets d'avion dispo sur internet...
Wait & see.

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